Rétro SCO Angers

Un sursaut d'orgueil bien mal noté

ANGERS. — Il ne faut pas chercher d'excuse au comportement d'une bande d'excités prêts à tout casser à la fin de la rencontre, mais pour analyser les raisons de cette intrusion de la violence dans une enceinte jusqu'alors préservée de tels excès, il faut signaler qu'au cours de ce match si important, l'équipe angevine fit preuve d'allant, d'opiniâtreté, d'habileté aussi dans la préparation des offensives. Que son visage et son esprit de samedi faisaient regretter ces points médiocrement gaspillés contre Troyes et Valenciennes par exemple.

Ce sursaut d'orgueuil face à une formation corse solide, précise et percutante, méritait beaucoup mieux que cette défaite en apparence sans appel. Mais voilà, les ébauches prometteuses débouchèrent sur des maladresses, sur de la malchance parfois et souvent sur un impeccable Petrovic.

Les détonateurs : les pénalties (accordés ou non)

Le gardien yougoslave ne commit pas une seule faute à l'image de son vis-à-vis Janin, très en verve pour sa première suppléance de Fouché. On saisit tout de suite son état de grâce, au travers d'une sortie, en voltige au devant d'une action Gonfalone-Amersek (septième minute). Cela se confirma un peu plus au plus fort de la domination angevine, au cours de la première demi-heure après le repos. Un très beau une-deux Lech-Amersek échoua ainsi (46e); Marchioni, sur un coup de tête de Gonfalone (48e) suppléa ensuite son gardien qui s'interposa avec bonheur à un coup franc de Boskovic et surtout montra beaucoup d'à-propos devant Barthélémy disposant de deux balles d'égalisation au bout du pied (68e et 73e). Ces efforts angevins s'expliquaient par la nécessité de revenir à un score de parité. Félix avait opportunément profité d'un espace libre pour surprendre Janin (31e). Coup dur mais pas irrémédiable. Ce fut l'enchaînement des faits qui précipita la chute du S.C.O.

Parti hors-jeu sur une ouverture de Cassan, Amersek s'était déjà vu refuser un but adroitement obtenu (25e). M. Vautrot, en sanctionnant durement Boskovic et Heslot qui se précipitaient vers Félix, auteur d'une habile passe croisée pour Krimau, donna l'occasion à Dzajic de transformer un penalty (38e).

Janin, fort avisé, se détend du bon côté, détourne la balle sur le montant avant de s'en saisir. L'arbitre se montra autrement indulgent pour le Bastiais Guesdon, coupable d'avoir soulevé le pied d'appui de Ferri arrivant à bout de course, après avoir éliminé quatre adversaires dans la surface de réparation (58e). Par contre, il réagit fort bien en ne punissant par Marchioni. Une balle centrée par Gonfalone vint heurter le défenseur corse. Sur le bras, affirmèrent certains observateurs ; sur la tête, dirent d'autres. De toute manière, il n'y avait aucune intention de faute (60e) et rien à siffler. Mais dans ce climat ambiant, toute action litigieuse provoquait la colère du public qui manifestait de plus en plus par des jets de boîtes de bière sur la pelouse.

Un nouveau penalty (justifié celui-là) permit aux Corses d'aggraver la marque. Janin ayant balancé Franceschetti, Papi tira cette pénalité sur le poteau, Félix reprenant le premier la balle, provoqua une situation bien confuse devant le but angevin, Papi sut l'exploiter (83e).

Un problème de finition

Bastia, qui avait impressionné par son organisation basée sur le triangle Papi-Félix-Franceschetti, donnait là une leçon de réalisme. Il la compléta par une reprise de la tête de Dzajic au cours d'une échappée de Franceschetti sur l'aile droite (89e). Le Yougoslave n'avait pas forcé son talent outre mesure jusqu'alors, il faillit pourtant réussir un quatrième but à l'ultime seconde.

Le comportement remarquable de Cassan qui lui valut des propos élogieux de son adversaire direct, explique cette discrétion, mais deux ou trois gestes techniques paraphèrent la signature d'un grand footballeur qui manqua certes un penalty, après en avoir réussi une bonne dizaine depuis le début de la saison. Par contre, la finition pêcha dans les rangs angevins, Ferri se révéla en quelque sorte le symbole de la soirée. Il réalisa une production exemplaire... jusqu'à la ligne des seize mètres adverse. Plus loin, il gâcha en trois ou quatre circonstances des ballons qui pouvaient se révéler décisifs.

Michel BIHAN.

LES EQUIPES

Angers. — Janin, Cassan, Heslot, Boskovic (puis Baudry 76e), Brucato ; Amersek, Ferri, Lech ; Gonfalone, Barthélémy, Edwige ; Treizième : Chastin.

Bastia. — Petrovic, Marchioni, Orlanducci, Guesdon, Burkhard ; Desvignes, Franceschetti, Papi ; Krimau, Dzajic ; Douzième : Cazès.

Fouché s'estimant insuffisamment remis d'une blessure à la main, céda la garde de la cage angevine à Janin qui s'en sortit fort bien et Zimako, l'ailier néo-calédonien, souffrant d'un anthrax, déclara lui aussi forfait au profit de Krimau.

Boskovic, perturbé apparemment par le penalty sifflé contre lui, demanda lui-même à être remplacé par Baudry, à un quart d'heure de la fin du match.


ANGERS - BASTIA (0-3). — Cette frappe de balle tortueuse de Ferri, à Papi : l'image du S.C.O. à l'attaque.

Article Ouest-France. Fiche technique France Football. Scans cris72.


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