ANGERS. — La qualification s'est jouée comme une adjudication d'autrefois pour une vente aux enchères : la bougie allait s'éteindre et l'affaire réglée en faveur de Brest lorsque, à l'ultime minute, un petit homme brun se propulsa sur le devant de la scène et emporta la décision.

Cassan mettait là un point final à une succession d'imprévus et de remises en cause qui conféra à ce genre de débats un rythme haletant. Car Brest, clamant son intention de venir marquer un but en Anjou, alla, si l'on petit dire, au-delà de ses espérances, puisqu'il en réussit deux ! A 3 à 1 (30e minute), puis à 4 à 2 (74e), il atteignit son objectif de qualification puisque, la semaine passée, il s'était imposé en Finistère par 2 à 0. Sa désillusion fut à la mesure de cet espoir longtemps pris pour une réalité. Sans doute explique-t-elle les torts attribués à l'arbitre, M. Bancourt, sur les deux dernières réalisations angevines. En vérité, au sortir d'un cafouillage, Amersek, héritant par ricochet d'une balle qui allait lui permettre d'inscrire le 4e but, ne parut pas du tout hors jeu. Ce qui est indéniable, par contre, c'est que le geste de Bonnat, marchant volontairement sur le Yougoslave à terre, méritait l'expulsion (56e).

Enfin, ultime et importante récrimination des Brestois, le coup franc accordé à Ferri à 60 secondes de la fin n'existait, selon eux, que dans l'imagination d'un arbitre dépassé par les événements. Le demi angevin, s'il tarda à tomber, fut pourtant déséquilibré à 25 mètres des buts de Tréguer. Lech attendit calmement la mise à distance du mur et propulsa, par une passe en profondeur, Cassan venant de l'arrière. Pratiquement sans angle de tir, l'arrière angevin frappa de toutes ses forces. Le ballon s'engouffra sous la barre transversale. Un fameux coup de chance qui décidait de l'accession aux 8e de finale.

Une entrée en fanfare

Le premier quart d'heure de jeu, pourtant, détermina à lui seul l'affrontement. Avant que les Bretons aient eu le temps de réaliser ce qui leur tombait sur la tête, les Angevins menaient par 3 à 0 au bout de 12 minutes de jeu.

Sans doute, l'alignement à tout propos de la défense brestoise facilita cette tonitruante entrée en matière. La tactique angevine faisant le reste. Amersek, titulaire nominal du poste d'ailier droit, libéra totalement son couloir, en faveur de Ferri, qui prit ses aises car il ne fut jamais pris en charge. Ferri désaxa ainsi le système défensif breton.

Lech, exploitant une remise de la tête de Chastin (3e), servit ensuite de pivot à Edwige qui s'en alla éviter Treguer pour augmenter la marque (7e) et combler le retard concédé à l'aller. Lech, à nouveau, se chargea du troisième but obtenu au rebond d'une balle relâchée par Tréguer pressé par Barthélémy (12e). L'entrain, la spontanéité, la réussite des Angevins n'entamèrent pourtant pas les convictions profondes des Brestois. Au remarquable animateur Edwige répondit bientôt l'inlassable et avisé de Martigny. Au niveau de Lech se hissa Lenoir actif et entreprenant. Marquer un but suffisait alors au bonheur des visiteurs d'un soir. Lenoir l'obtint d'un coup de tête provoqué par un centre de l'excellent Gall (30e). Avec brusquerie, la friabilité de la défense angevine réapparaissait.

Rebondissement

Le scénario eût été trop simple si Brest avait à son tour fait cavalier seul. Tout au contraire, Barthélémy, balancé de façon plus que suspecte à deux mètres des buts brestois sur un centre de Cassan, méritait un penalty (43e).

Le buteur angevin, qui a décidément perdu l'efficacité, rata même l'occasion d'accentuer la différence dès le retour sur le terrain après la pause. Seul face aux buts vides, il n'appuya pas assez sa reprise et P. Le Bihan put sauver Tréguer (47e minute).

Le portier brestois, tout ému, dut encore intervenir en catastrophe sur une passe en retrait de son capitaine de Martigny.

Qu'Amersek ait aggravé la marque (56e minute) n'avait rien d'étonnant. Par contre, le plus stupéfiant fut la réaction des Brestois. En l'espace de deux minutes, deux tirs de Gall firent trembler Fouché (57e et 58e minutes). Un deuxième but pour eux représentait le billet de la qualification. Lenoir se trouva encore à l'origine de cette réalisation en débordant sur l'aile gauche et en permettant à Floch de marquer de près (74e).

Le niveau du jeu baissa considérablement, Brest ne songeant plus qu'à consulter sur le banc de touche tous les chronomètres en batterie. Ce fut probablement là son seul tort puisque, en durcissant son jeu, il s'exposa à un avatar de dernière heure, ou a des décisions saugrenues. L'une d'elles survint à 60 secondes de la fin et Cassan força le passage pour les 8e de finale en faveur des Angevins.

Michel BIHAN.

Brest : Treguer, N. Boutier, P. Le Bihan, Bonnat, J. Le Bihan, Duverres, de Martigny, Le Rue, Floch, Lenoir, Gall. 12e : Lohou.

Angers : Fouché, Cassan, Brulez, Baudry, Citron, Ferri, Edwige, Lech, Amersek, Barthélémy, Chastin. 12e : Gonfalone.

Cassan et Gall reçurent un avertissement à la 62e minute.

Les deux suppléants, Lohou et Gonfalone, entrèrent en jeu respectivement à la 75e et à la 79e minutes.

Abel DOIZÉ ancien président du S.C.O. Angers n'est plus

ANGERS. — Abel Doizé, l'homme qui avait de longues années incarné le nom du SCO est mort dans la nuit de samedi à dimanche, à l'âge de 79 ans. Jusqu'en 1975, il continua de siéger au groupement des clubs professionnels où son autorité et sa passion pour la gestion étaient unanimement reconnus.

Ses obsèques auront lieu à 15 h, à Pruniers Bouche Maine (49).

Article Ouest-France. Scan cris72.