Rétro SCO Angers

L'ARBITRE CRÉA L'ÉVÉNEMENT

ANGERS. — Selon un scénario devenu classique, Nantes a encore joué avec le feu à Angers. Mené 2 à 0 à la 77e minute, il retrouva l'espérance une minute plus tard et arracha le nul à la 85e. Cette fois, cependant, il ne créa pas totalement l'événement. Le rôle appartint à l'arbitre M. Buils...

Le coup franc qui permit, en effet, à Tusseau d'obtenir l'égalisation n'exista que dans son imagination. Monté à l'attaque, Ugo Bargas avait réalisé un retourné. Ce geste était dangereux et, dans un réflexe fort compréhensible, Ferri s'était protégé le visage des deux mains. Le ballon les heurta et M. Buils, à la stupéfaction générale, sanctionna l'Angevin !

« Je reconnais qu'il n'y avait pas faute si ce n'est contre Bargas, devait déclarer Jean Vincent toujours aussi honnête. Mais auparavant, une véritable mêlée s'était produite devant la cage de Foudier [Fouché, ndlr]. Un Angevin avait repoussé la balle du poing... L'arbitre n'avait pas osé siffler. Peut-être a-t-il voulu se racheter ? »

Cela, on l'ignorera toujours. De toute manière, comme M. Buils ne pouvait pas savoir que Tusseau allait saisir cette dernière chance, la compensation était ridicule.

Privés de la victoire, les Angevins se plaignaient amèrement, ils avaient raison. Toutefois, dans cette déception, ils portent quelques responsabilités. Après leur deuxième but, ils se déconcentrèrent quelques secondes. Il n'en fallut pas davantage pour que leurs adversaires réduisent l'écart et reprennent confiance.

Très objectif, leur entraîneur Aimé Mignot le soulignait :

— « Ils ont tous couru pour embrasser Ferri, remarquait-il, et ils occupaient mal le terrain lorsque, sur l'engagement, Michel lança Amisse... »

Détermination angevine

Ces incidents constituèrent la toile de fond du match. C'est pourquoi nous avons tenu à les relater. Il reste que si le partage des points apparaît, en définitive, équitable, Angers, pendant une heure et quart, agit et manœuvra avec plus de détermination que le leader.

Aimé Mignot avait prévenu ses joueurs :

— « Si vous désirez gagner, il n'y a pas trente-six solutions, il n'y en a qu'une : empêcher les Nantais de développer leur jeu ».

Il fut écouté...

Chaque maillot jaune avait un garde du corps et cette absence de liberté finit par gêner Henri Michel et ses coéquipiers. Les actions n'avaient aucune continuité et si, parfois, on pensait que l'une d'elles parviendrait bien à aboutir, c'était surtout à cause des renvois souvent incertains des défenseurs centraux angevins ou de Ferri et Edwige...

Amisse (7e et 40e), Triantafilos (33e), Michel (41e), notamment, en bénéficièrent mais il leur manqua, ensuite, la précision dains le tir ou l'inspiration.

Le souci de contrarier l'opposition nuisait, alors, au rendement offensif des Angevins. Il ne se passait vraiment pas grand chose devant Bertrand Demanes et la rencontre très âpre était dépourvue d'intensité émotionnelle.

Toujours Barthélémy

Tout changea, heureusement, après le repos.

Enhardis après s'être aperçus que Bargas — sans Rio, forfait — n'avait pas sa sérénité habituelle et que Sahnoun, chargé de la surveillance de Barthélémy, était dans l'incapacité d'apporter son concours à l'attaque nantaise, les Angevins n'acceptèrent plus de subir.

Ces excellentes dispositions se concrétisèrent par un but merveilleux de puissance et de soudaineté signé Barthélémy (57e) et un autre essai de l'avant-centre du S.C.O. (76e) que Bertrand Demanes dévia presque miraculeusement.

Le vent avait tellement tourné que l'on ne fut pas surpris de voir Ferri, après une première et vaine tentative, surgir sur corner devant Bargas et tromper le gardien nantais de la tête (77e minute).

A cet instant, le succès d'Angers semblait réellement bien acquis. Mais l'attention des protégés d'Aimé Mignot se relâcha et les Nantais révélèrent, de nouveau, l'étendue de leurs qualités morales. Assaillant leur rivaux, ils provoquèrent des échauffourées dignes du rugby.

Comme nous l'avons dit plus haut, ils auraient quand même échoué sans l'aide du... destin !

Achevé dans une ambiance houleuse le débat aura, enfin, montré que l'équipe de Jean Vincent était quelque peu émoussée et avait, actuellement, besoin de Sahnoun — stoppeur moins à l'aise qu'à Bordeaux — dans l'entre-jeu...

Michel, Tusseau, Bertrand-Demanes, Osman furent ses meilleurs éléments et Bargas sans Rio n'est plus Bargas !

Les Angevins agressifs (dans le bon sens du terme) valurent par les deux arrières latéraux Cassan et Citron qui étouffèrent leurs vis-à-vis, l'abnégation de tous pendant 75 minutes et Barthélémy.

Comme l'affirmait Jean Vincent, ce gaillard est un danger permanent !

Roger GLEMÉE.

Angers : Foucher ; Citron, Baudry puis Augustin à la 83°, Brulez, Cassan ; Edwige, Ferri, Lech ; Amersek, Barthélémy, Chastin.

Nantes : Bertrand-Demanes ; Osman, Bargas, Sahnoun, Tusseau ; Michel, Muller, Rampillon ; Baronchelli, Triantafilos, Amisse.

L'arbitre donna trois avertissements : Tusseau (Nantes), Chastin et Ferri (Angers). Il prolongea également la partie de cinq minutes, le match ayant été arrêté à la suite d'une blessure de Baudry (Angers) survenue au cours de l'indescriptible mêlée de la 83e minute. Précisons encore que Tusseau égalisa à la 90e minute effective.

Le forfait de Rio

ANGERS. — C'est le matin du match que Patrice Rio déclara forfait...

Il voulait jouer, s'était entraîné mais, avant de lui mettre un masque de plâtre, le faisant ressembler à Belphégor, les médecins durent lui poser des mèches pour soutenir la cloison nasale. Il en résultat des douleurs intolérables et après une nuit sans sommeil Rio se résigna à rester sur la touche.




La défense nantaise dut souvent faire face aux assauts généreux, mais désordonnés des attaquants angevins. On voit ici Jean-Paul BERTRAND-DEMANES, le gardien nantais, se saisir d'une balle que convoitait André FERRI (à sa droite). Au premier plan apparaît Omar SAHNOUN (n° 4).

Article Ouest-France. Fiche technique France Football. Photo But. Scans cris72.


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