Rétro SCO Angers

LYON (de notre envoyé spécial). — Pour espérer ramener un point à défaut de deux du stade de Lyon, où seuls Lens et Bastia allèrent faire match nul cette saison, il fallait de la conviction, de la motivation et des arguments. Ancien responsable technique de Lyon pendant huit saisons et la plaie du limogeage pas encore cicatrisée depuis le printemps dernier, Aimé Mignot se promettait depuis longtemps de mijoter un exploit au stade Gerland.

CHIESA DOMPTÉ PAR CASSAN

« Pour battre Lyon, il n'existe pas trente-six manières : il faut annihiler Chiésa et Lacombe... », répétait l'entraîneur angevin. Lacombe forfait (de même que Spiegel et Garrigues, absences qui faisaient pendant à celles de Boskovic, Brucato et Lech), seul Chiésa restait à mater. Cassan s'en chargea. Avec maîtrise, il ne donna pas un coup à son adversaire direct et se permît même de lui donner la leçon de dribble en fin de match.

Ce détail est significatif de la confiance qui habitait les Angevins qui résolurent beaucoup de problèmes en s'assurant le monopole du ballon, quitte à irriter parfois le public.

Ce sens de l'initiative et la manière de se grouper autour du porteur du ballon, étouffèrent les Lyonnais qui s'en remettaient à Broissart, assez brouillon, et encore plus à leur capitaine Domenech pour attaquer. Celui-ci, déporté à gauche, souffrait pourtant devant la technique d'orfèvre d'Amersek. Mais il témoignait d'une énergie farouche qui lui permit d'inquiéter Fouché par un centre-tir appuyé (16e) et même de mener une contre-offensive jusqu'à 3 mètres des buts angevins (59e).

Avec deux ou trois essais approximatifs de Delestre et Bernard, la liste des créations lyonnaises s'arrêta là. On saisit mieux ainsi l'injustice ressentie par les Angevins lorsque Broissart, libre de tout marquage, ouvrit le score contre le cours du jeu (36e).

AMERSEK PROPULSE EDWIGE

Leur déception disparut vite. Et ce fut un enchantement. Une ouverture d'Amersek d'une limpidité d'eau de montagne, coula jusqu'à Edwige, placé en position idéale (37e). Langage universel, le football permet d'accorder deux hommes, comme s'ils répétaient ensemble les mêmes gestes depuis vingt ans. Amersek, le Slovène, originaire de l'Europe centrale, et Edwige, le Guyanais venu voilà dix ans, du continent sud-américain, se retrouvaient en parfaite harmonie.

Dix minutes plus tôt, une action identique menée par ce duo n'échoua qu'à quelques millimètres près, de Rocco détournant involontairement la balle (37e). Le jeune gardien lyonnais, depuis quelques buts concédés sur des centre-tirs lointains, fait trembler les foules qui grondent.

Cela ne le rassure pas. Et il passa une inconfortable soirée, un de ses défenseurs le prenant même à contre-pied en déviant un tir de Brulez (52e). La même mésaventure était arrivée à Fouché en début de match. Les deux gardiens s'en sortirent avec bonheur.

LA MALCHANCE DE CHASTIN

D'autant que Chastin expédia une balle sur le poteau. En se retournant, de Rocco eut la chance de la récupérer dans les bras (53e).

Dix minutes plus tard, alors que Ferri, très actif, et Amersek multipliaient les appels de ballon, Jodar souffla la balle à Barthélémy sur une tête plongeante (63e).

La menace angevine se précisait donc. Chastin la concrétisa avec opportunisme. Ce but refusé pour hors jeu préalable que le S.C.O. contesta (65e). Car l'arbitrage de M. Frauciel ne brillait pas par sa clairvoyance.

Barthélémy écopa d'un avertissement pour une peccadille (20e) tandis qu'une véritable agression de Cacchioni sur la personne d'Edwige et deux actes flagrants d'anti-jeu de Domenech à l'encontre de Feri et d'Amersek restèrent impunis.

Pourtant lorsque Jodar s'effondra au terme d'une vive contre-attaque à 20 mètres des buts de Fouché, l'arbitre ne s'y trompa pas, il laissa le jeu se dérouler (68e). De fait, le stoppeur lyonnais le plus en forme de son équipe samedi soir s'était claqué.

Sa sortie facilita la tâche du S.C.O., très vigilant à l'image d'Augustin que le rôle dévolu à Cassan avait transformé en « faux » arrière gauche. Et qui se sortit si bien de cet tâche délicate qu'il reçut l'éloge de Lacombe. Un homme bien placé pour juger les adversaires.

Michel BIHAN.


LYON - ANGERS (1-1). — Brulez est monté à l'attaque, Broissart est hors de position, et Barthélémy se trouve en bonne position... Hélas ! [On dirait que c'est Patrice Augustin à gauche, ndlr]


Article Ouest-France. Fiche technique France Football. Scans cris72.


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