Rétro SCO Angers

Fin de partie

ANGERS. — « Je me sens un peu trop sur la gauche. Maintenant, je me sens un peu trop en avant... Maintenant, je me sens un peu trop en arrière... Ne reste pas là, tu me fais peur. »

Il ne s'agit pas des états d'âme d'un acteur de la rencontre Angers-Rennes, mais de ceux d'une véritable pièce de théâtre, « Fin de partie ».

Mais on pouvait aisément confondre. Se sentir mal dans sa peau, hésiter sur la position et la conduite à tenir, ressentir le doute et la peur. Tous ces malaises successifs ont frappé la plupart des personnages en scène au stade Jean-Bouin. Tout cela parce qu'aujourd'hui la relégation en deuxième division constitue non seulement un affront, mais la faillite financière et peut-être l'abandon du professionnalisme.

Surtout quand le processus se reproduit à vingt-quatre mois d'intervalle pour Angers comme pour Rennes.

Peut-être aussi cela ne se passerait pas comme cela. Mais c'est tout comme dans l'esprit et dans l'ambiance de l'entourage des clubs. Tant de « clés sous la porte » sont annoncées.

La dramatisation du débat crispait les officiants, jouant « le » match de la survie, et notamment les Bretons (mais il reste vingt et un rendez-vous au calendrier !).

L'inquiétude rongeait les esprits. Comme pour s'en libérer, les organismes adoptèrent un rythme très rapide pour entamer le match.

Dans l'axe central, le trio Brulez-Ferri-Lech ratissait les ballons, aidé par Citron, en net retour de forme. Angers s'assurait donc un avantage indéniable, matérialisé par une adroite reprise de volée de B. Lech (19'). Barthélémy, aphone samedi soir, ayant gâché une jolie déviation de Cassan dès la 5', n'allait pas mieux terminer. A deux minutes de la fin, le même Cassan lui fournissant l'occasion du second but.

Le mérite de Guermeur

Car se situe là toute la trame de la suite de la représentation, Rennes ne parvint pas à égaliser. Il le méritait pourtant, paraissant même plus à l'aise une fois mené à la marque, alors qu'Angers vivait dans la crainte d'être remonté. Ce fut si vrai qu'en réponse à B. Lech, Arribart se trouva en mesure de marquer (20'), et qu'aussitôt après Richard, parti hors jeu, eut le don de se compliquer la tâche avant de se faire stopper.

Mais ce fut Guermeur qui se révéla l'âme de la résistance bretonne. Intervenant partout et à bon escient, le capitaine rennais allait filer au but quand Baudry le ceinture (avertissement, 44').

Après la pause, au terme d'un énergique appel de ballon, il posa la balle d'égalisation sur le front de Maier. A deux mètres de Fouché, l'ex-Sochalien la rata (79'). Six minutes plus tard, Marchand frappa sur l'extérieur d'un montant (85'). Rennes — où Notheaux, pas très inspiré, sortit pour permettre à Delamontagne de s'intégrer au milieu du terrain (68') — se battait avec vaillance. Il faillit pourtant se laisser surprendre par une reprise d'Edwige, dans un angle difficile. Cassan, très en verve après la pause, étant une nouvelle fois à l'origine de cette action (63'). Et Lech, en voulant ajuster son lob, rata le but vide (74'). Mais préalablement Barthélémy avait provoqué la collision D.Bernard-Rizzo.

Lech, le meilleur sur le terrain avec Guermeur, allait bientôt demander à sortir, souffrant d'un mollet (81'). Cette « fin de partie » en fut davantage hachée et incohérente, sous les yeux d'une galerie squelettique (2.800 personnes). Le résultat soulageait Angers, inquiétait un peu plus Rennes.

Michel BIHAN.

LE(S) CARTON(S) D'ARRIBAS

Un « trou » de l'arbitre, M. Bacou, faillit avoir de lourdes conséquences pour le demi rennais, en seconde période. Cela commença par une reprise de la tête de Tonnel au-dessus des buts angevins. « Corner », dit l'arbitre. Soixante secondes plus tard, trois défenseurs bretons enrayèrent sans ménagement, à 20 mètres de leurs buts, une infiltration de Barthélémy. « Jouez » lança M. Bacou, imperturbable.

Cinq minutes encore et voilà qu'Arribas tacle Augustin le long de la touche. L'arbitre brandit le carton jaune. On se demande pourquoi. Lui aussi, réflexion faite, car en fin de match Gonfalone, à peine échauffé, filait sur l'aile droite, échappait à Arribas, qui le fauchait sans vergogne.

Simple coup franc ! Alors que le carton rouge devait être sorti, si l'on se tient à la logique arbitrale. Pour autant, Arribas n'est pas certain d'être présent contre Lyon. Son « carton » s'orne déjà d'un avertissement confirmé.


Article Ouest France. Fiche technique France Football. Scans cris72.


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