Rétro SCO Angers

BARTHÉLÉMY PEUT-IL FAIRE OUBLIER BERDOLL ?

Angers, 9 août

Quel contraste entre la joie contenue du président Keller congratulant Aimé Mignot, le nouvel entraîneur angevin à l'issue de la rencontre, et la mine désabusée de Claude Cuny, son homologue lorrain, et qui avait sa petite idée sur l'analyse de cette rencontre d'ouverture au stade Jean-Bouin.

"C'est le premier match où on retrouve tout notre monde. Nous n'avons pas pu nous préparer sérieusement. Pourtant, je persiste à croire que nous pouvions faire la différence tout de suite après le penalty, les Angevins ne seraient alors jamais revenus." Et le président nancéien d'ajouter curieusement : "Mais vous savez notre équipe est comme cela, nous sommes capable du pire comme du meilleur."

Il va de soi que dans le camp angevin on a apprécié la valeur de la performance. Certes, ce ne fut pas un football génial, mais pour ce retour au sein de l'élite la priorité des priorités du moment était de ne pas perdre. Le contrat est donc rempli. Mieux, Edwige et ses camarades ont montré qu'avec de légères retouches dans la disposition des hommes sur le terrain, et aussi, avec l'apport de Boskovic (samedi soir en Amical à Saint-Jean-de-Monts contre le Red Star le Yougoslave a fait une excellente rentrée) il ne sera pas facile de s'imposer à Angers cette année.

Toutefois il serait prématuré de porter un jugement définitif après cette entrée réussie. L'adversaire ne sera pas toujours aussi complaisant que l'AS Nancy-Lorraine qui, une fois mené à la marque, se désagrégea complètement derrière. Curieusement, les Angevins n'ont pas souffert au niveau du rythme de la comparaison avec les équipiers de Curbelo. Où ils sont déjà dans le coup — Lech, Brucato, Edwige, Cassan, Fouché n'ont plus rien à apprendre de la première division — ou alors ce sont des Nancéiens décidément trop peu affûtés qui se sont présentés à Angers ? On suivra donc avec intérêt les rencontres de mercredi, le déplacement du SCO à Nîmes étant en l'occurence un test particulièrement probant.

Pourtant ce match avait débuté de façon idéale pour les Lorrains. Et le penalty réussi par Platini à la suite d'un fauchage (?) de Dussier par Brulez aurait dû libérer les visiteurs et plus encore, accentuer le trac qui paralysait les Angevins depuis le début du match. L'avant-centre luxembourgeois en rajouta d'ailleurs quelque peu. Décidément Nancy fut alors incapable d'accélérer, même si Rouyer causait à droite mille soucis à Brucato, et même si Platini, qui bénéficiait anormalement d'une totale liberté, distillait ses merveilleuses balles croisées en profondeur dont il a le secret.

L'on sentait visiblement que la formation de Redin voulait "endormir son adversaire". Heureusement pour eux, les Angevins ne tombèrent pas dans le piège et une fois l'égalisation obtenue par BARTHÉLÉMY le débat changea d'âme.

Etonnante aventure que celle que vit actuellement le jeune et nouvel avant-centre du SCO, qui a la lourde charge de remplacer l'international Marc Berdoll, parti sous d'autres cieux. Rien que cela. Opérant en D.H. la saison dernière avec Montélimar, c'est l'ex-Grenoblois Boulle qui signala la valeur de cet élément à son collègue Aimé Mignot. Après qu'il eut marqué son but à chaque sortie d'avant saison, BARTHÉLÉMY ne pouvait être que titularisé. Et vendredi, il a encore trompé deux fois Moutier. Avec beaucoup d'intelligence et de sang-froid. Bien entendu, c'est un garçon qui peut et doit encore beaucoup progresser, mais déjà la présence de ce leader d'attaque et son sens de l'abnégation mis au service de la collectivité — à preuve cette passe à Augustin qui se retrouva seul devant le gardien lorrain alors que Barthélémy aurait pu à huit mètres du but tenté sa chance — autorise tous les espoirs. Le problème est de savoir si ce redoutable attaquant pourra toute la saison tenir la cadence qui fut la sienne lors de cette ouverture.

Quant aux Nancéiens, on sera plus mitigé, mais on sait que des garçons comme Curbelo, Rubio, Rouyer et bien entendu Platini valent beaucoup mieux que ce qu'ils ont montré à Angers. Les trois "canadiens" sont-ils saturés de football ? Bien malin qui pourrait le dire maintenant. Toujours est-il que Rubio n'a pas eu son rayonnement habituel, et que Platini eut bien du mal à remettre de l'ordre dans la maison quand le SCO accéléra.

Philippe LECLERC

Article BUT. Scan de cris72.


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