Rétro SCO Angers

Jacques Mouilleron à la recherche de son Olympe

Pour ses 70 bougies, Jacques Mouilleron, un ancien joueur professionnel du Sco d’Angers des années 60-70, fait un tour d’Europe à vélo.

« Je me suis regardé dans la glace et j’y ai vu mes souvenirs. À 70 ans, il y a deux solutions. Ou bien je passe mon été devant Roland Garros et la coupe du monde de foot en Afrique du Sud, ou je prends mon vélo et je vais découvrir un monde que je ne fais que deviner depuis que je suis né. » Jacques Mouilleron a choisi. Ce sera le vélo. Il faut dire que cet homme est un paradoxe à lui tout seul. Il débarque au Sco d’Angers en 1964 pour y jouer avant centre. Il se retrouve dans les dix premiers joueurs aux fameuses étoiles de France Football quelques années plus tard comme… arrière central ! Entre les deux il n’y a que trois choses qui le mènent : la compétition, les copains et l’aventure humaine.

Alors l’aventure humaine il se la construit tout seul. L’effort physique ne lui fait pas peur. Il découvre le plaisir du vélo assez tard sur les routes rochelaises où il coule une retraite paisible entre bridge, golf et air marin. Mais ça ne suffit plus au « garçon » toujours avide de découverte. Il commence à rouler chaque semaine un peu plus. Il enchaîne les distances. Il masse ses vieux mollets. Il soigne ses grimaces. Il caresse déjà son rêve. Un rêve qui deviendra petit à petit une obsession. Une fixation liée à ce cap symbolique des 70 ans. « À cet âge-là certains se comportent comme des vieux. Moi, je ne refuse pas de vieillir mais je refuse que ce mot soit synonyme d’enfermement sur soi. »

Assoiffé de rencontres et de nouveautés, l’homme se prépare alors à faire le grand saut. Son projet prend forme. Il commence par changer de vélo. « Je ne voulais pas non plus passer dans la catégorie du tout carbone. J’ai juste pris un vélo de base mais plus léger que l’ancien. J’ai attelé une petite remorque pour mon matériel de camping, du matériel informatique pour raconter en direct ou presque et vogue la galère. » Une galère comme il dit qui commence par naviguer sous la pluie ! De son départ de La Rochelle jusqu’à Nice, le cycliste absorbe en quatre jours plus d’eau qu’il n’en a jamais bue dans les vestiaires. En prime il crève plusieurs fois. Bref, le bonheur ! « Oui mais je sais qu’à Nice je retrouve mon copain René (Gallina, gardien du Sco dans les mêmes années ou presque). » Alors il pédale le Jacques. Et il arrive en Italie. Et il débarque en Grèce. Franchit le canal de Corinthe. Se mesure au cheval de Troie ! Et décroche sa remorque au pied de l’Olympe qu’il atteindra une main sur la selle de son vélo et l’autre sur le guidon. Respect des Dieux grecs admiratifs de ce petit bonhomme souriant et curieux. Souriant et sensible. Car c’est un autre paradoxe de cet homme au passé sportif accompli. « Je me croyais insensible. Les messages que je reçois quotidiennement font facilement monter de l’eau dans mon regard. » La carapace n’est pas si épaisse Jacques ! « Je crois que c’est peut-être aussi un peu ça que je cherchais en faisant ce périple. S’éloigner de ceux qui nous entourent aide parfois à mieux les comprendre, à mieux les retrouver, à mieux les aimer. »

Demain Jacques entrera sans doute en Turquie. Il pédalera vers Istanbul. Avec dans la tête des images de gosses et des idées reçues. « Pouvoir rencontrer des peuples inconnus ou connus seulement par procuration. C’est un luxe qui se mérite. L’effort du vélo est récompensé par tous ces moments. » Dans quelques mois, la route de Jacques Mouilleron le ramènera près des siens. Avec quelques larmes qu’il aura cette fois le courage de laisser couler. Juste par amour d’une vie qui le lui rend bien !

Pour communiquer avec Jacques Mouilleron, taper : mouilleron vélo et… Laissez-vous guider !

Daniel Doizé.

Oui, pour communiquer avec super Jacques, il faut aller sur mouilleron vélo. Article de Daniel Doizé, supporter inconditionnel du SCO et petit-fils d'Abel Doizé, ancien dirigeant.


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